Le « freelance basket », tout un concept…

7 novembre 2011

converse-polaConnaissez-vous le « resto basket » ? En gros c’est : tu manges, tu payes pas et tu cours très très vite. Le freelance basket, c’est comme le resto basket mais avec des freelances. Ce soir, je suis allée au restaurant et clairement ce n’était pas bon… Je me suis donc dit que je devrais faire comme certains de mes clients et partir sans payer, ne plus donner de nouvelles, faire la morte et attendre que ça passe. Bizarrement, je ne suis pas sûre que cela passerait !

Pourtant, le concept du « freelance basket » commence à faire des émules, depuis le mois d’août je ne compte plus le nombre de clients derrière lesquels je dois courir pour me faire payer, même (et surtout) pour les petites factures. Se disent-ils qu’à force je vais lâcher le morceau ? Ils sont mal tombés… Car l’année dernière, j’ai déjà eu deux charmants clients qui ne m’ont pas réglée et maintenant je suis vaccinée.

Une association de pauvres petits malheureux qui vont à l’opéra (désolée pour le cynisme mais bon je ne me ferai plus avoir par les gentils grands-pères qui défendent des causes) et une boutique sur Arcachon vendant des tee-shirts (je n’en dirai pas plus). Dans les deux cas, j’ai fait des mails, des courriers, appelé, menacé, pleurniché, menacé, pleurniché et rien n’y fait.

Quels sont nos recours ?

- Engager un professionnel du recouvrement, il y a certaines offres sur internet qui peuvent vous intéresser comme « Sefairepayer.com »

- Envoyer un accusé de réception, en précisant vos pénalités de retard et qu’elles s’appliquent dès maintenant et prier pour que cela marche. Puis 15 jours plus tard, un autre accusé avec « mise en demeure ». N’hésitez pas à demander conseil auprès de votre comptable ou d’un avocat si vous en avez un sous le coude (ça peut servir).

- Reconnaître dès le début les clients « foireux » ou les bobards qu’il ne faut pas gober au démarrage d’un projet, comme dans cet article de Marie&Julien (réalisé pour les infographistes mais à mon avis cela s’applique à beaucoup de monde)

- Appeler vos copains cogneurs qui pourront faire un détour chez votre client pour lui apprendre la vie et le respect du travail bien fait (non là j’déconne, pose ta batte, j’ai dit poooooose ta batte, voilà).

Dans tous les cas, cela coûte du temps et de l’argent, il faut donc savoir si cela sera rentable pour vous de passer du temps à faire toutes ces démarches. Personnellement, j’ai beaucoup de mal avec ce fonctionnement et je me dis que si on laisse tout passer même les plus petites sommes, c’est le début de la fin, tout le monde se croit tout permis… Alors bien sûr c’est la théorie, en pratique, j’aimerai que cela se règle tranquillement et que les clients prennent conscience que lorsqu’ils utilisent une prestation, le coiffeur, le resto, le taxi, cela ne leur vient pas à l’idée de courir sans payer, pour nous c’est le même principe !

Dites NON au « freelance basket » ! (nouveau concept by Julie)

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7 réponses à “Le « freelance basket », tout un concept…”

  1. Salut Julie !
    Hé ben… Qu’est-ce qui se passe, c’est la crise qui fait que les clients prétendent ne plus pouvoir payer ?
    Mon client le plus récalcitrant à ce jour a été un… restaurateur, qui estimait qu’il avait beaucoup de choses importantes (sic !) à payer avant ma facture. C’est qu’EDF, France Telecom et consorts sont bien plus menaçants que moi quand il s’agit de se faire payer !
    En tout cas, ne lâche pas, et éventuellement essaie un truc qui a marché pour une copine. Elle a fait appeler son père, qui s’est fait passer pour son expert comptable, très agacé par ces clients vraiment mal élevés. Le changement d’interlocuteur a suffit pour faire peur. En quatre coups de fil, elle s’est fait régler 4 factures en souffrance depuis des mois. Bon courage !

  2. Julie dit :

    Salut Isabelle, franchement je pense que la crise y est pour quelque chose, j’ai bien l’impression que ce n’était pas comme ça avant… Surtout pour de petites factures en plus ! C’est assez fatiguant de se battre avec ça et surtout de savoir qu’on a pas vraiment d’alternative pour se faire payer. Bref en tout cas je ne lâche pas, je vais peut-être tenter le coup du comptable :))

  3. benjamin dit :

    et tu vas découvrir en Asie ce principe « extraordinaire » du paiement immédiat : je t’achète une prestation, je te la paie. (bon, la croissance est en Asie il paraît…mais on ne va pas aller dire qu’il y a une relation de cause à effet).

    Le problème des freelances (de tous les entrepreneurs individuels), c’est qu’ils se retrouvent avec deux fonctions : la production et la gestion financière. Et visiblement, cette dichotomie est difficile à gérer pour de nombreuses personnes. Personnellement, j’ai amélioré mes délais de paiement…avec une délégation de cette mission à une autre personne, qui n’a pas de lien avec la production de la mission. Et quand on se met à calculer le coût des retards (agios, stress, temps passé à relancer), on se dit que c’est rentable.

    Autre méthode : accepter une remise si paiement immédiat. ça parle aux commerçants ce discours.

    Et dans tous les cas : ne jamais lâcher.

    Ps : un autre jour je parlerai des excuses bidons des grandes entreprises pour retarder un règlement ;)

  4. Julie dit :

    Oui quand je dis freelances, c’est indépendants en règle générale (ou entrepreneurs individuels) bien sûr :)
    Les excuses bidons j’en connais pas mal, l’avantage d’avoir travaillé en agence et en entreprise avant… mais bon ça reste toujours fatiguant à gérer. Effectivement déléguer à une personne qui ne fait que de la compta et du « rattrapage » de factures c’est pas mal !

  5. Olivier dit :

    Le problème des délais de paiement est un problème majeur aujourd’hui, comme hier et comme demain. Le gouvernement a bien essayé de forcer les entreprises à respecter certains délais par la loi de modernisation de l’économie. 60jours date de livraison ou 45jours date de facture… Mais c’est toujours autant le chaos.

    Le pire, c’est l’attitude de certains contrôleurs fiscaux devant le phénomène. Je m’explique : une entreprise qui ne facture pas de pénalité de retard (parce qu’on est sympa avec le client, parce qu’on est pas une raclure, parce que si déjà j’arrive pas à récupérer 100€ je sais pas comment je vais récupérer 100€ + 10€) est sujette à redressement fiscal : comprenez que les pénalités de retard ce sont des bénéfices potentiels soumis à l’impôt… Si vous ne les facturez pas vous êtes en fautes et donc le contrôleur fiscal peut réclamer les impôts sur ces pénalités que vous auriez dus facturer… Incroyable mais vrai.

    Enfin bref, c’est pas la joie.

    Les entrepreneurs individuels qui facturent du service (pas de production ou d’achat/revente) ont « la chance » que s’ils ne récupèrent pas l’argent, tout ce qu’ils ont perdu c’est leur temps… Alors que dans l’achat/revente, lorsqu’on ne récupère pas son dû, et bien le fournisseur il faut quand même le payer… J’en sais quelque chose puisque j’ai les deux activités…

    Dans tous les cas le recouvrement des dettes est un problème. Si on fait appel à un professionnel, aussi compétant soit-il, il n’a pas le pouvoir d’arracher l’argent du portefeuille du client. Seule une décision du tribunal de commerce (et encore !!) peut arriver à cette fin.

    Alors il est vrai que le plus facile est de trier les clients et d’éviter les pommes véreuses… Mais quand on débute, hélas, on récupère tout ce que les autres n’ont pas voulu…

    Bon courage !

  6. Nicolas dit :

    Salut Julie,

    Personnellement j’adore le concept du « freelance basket » au niveau de l’image prise et non pas du comportement des clients.

    J’ai connu les mêmes mésaventures que toi et d’autres freelance et je dois reconnaitre que j’adopte le même comportement que toi fasse aux retards / impayés, transigeance zéro !

    Tout dépends des montants à récupérer mais de mon côté j’ai opté pour la Déclaration au Greffe du tribunal de Proximité (https://www.formulaires.modernisation.gouv.fr/gf/cerfa_12285.do) c’est une procédure gratuite qui ne te coûte au final que les timbres et la commande de l’extrait K-Bis du client mais qui doit être initiée après les traditionnelles relances (tel / courrier) et mise en demeure de payer. J’y ai eu recours une fois pour récupérer le solde d’une facture non-réglée (somme à laquelle j’ai ajouté les pénalités de retard, le remboursement des dépens et de tous les frais irrépétibles, ainsi que le temps passé chez une avocate multiplié par mon taux horaire de facturation puisque c’est du temps perdu durant lequel on ne peut pas travailler …).

    Toujours en ce qui me concerne, toutes les sommes demandées ont au final été réglées 1 semaine avant la convocation au tribunal de proximité, à croire que la cliente ne voulait pas faire 300 bornes allé-retour pour venir visiter le tribunal de mon patelin.

    Bon courage à ceux qui connaissent ces désagréments et je vous conseille vivement la déclaration au greffe qui est gratuite contrairement au recours à des huissiers ou des sociétés de recouvrements de créances.

    Courage ;)

  7. Julie dit :

    Merci beaucoup Olivier et Nicolas pour vos informations ça peut aider pas mal de personnes dans le même cas. J’espère que je n’en arriverai pas jusque là, d’ailleurs la preuve en est, depuis ce matin trois personnes m’ont réglée ! Grâce à l’article ? Qui sait…

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